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La relation Enfant/Animal

Une démarche pédagogique menée pour laisser s’exprimer et observer la relation Enfant/ Animal







 CONSTAT

La réalité actuelle nous fait constater que la plupart des enfants vivent désormais coupés de la nature, sans proximité physique avec elle ou une proximité faussée( zoo, animalerie, etc), ni diversité animale autours d’eux. Cette mise à distance est imposée par nos modes de vie et une culture dédié à la technologie, l’urbanisation, la consommation.

Il y a de nombreux tests comportementaux pour évaluer le comportement de l’animal face à un humain non familier, mais peu sur la question des comportements de l’homme ou l’enfant lors de la première rencontre avec un animal domestique ou autre.

 DEMARCHE D’OBSERVATION

Afin d’avoir une meilleure compréhension des comportements spontanés de l’enfant face à un animal qu’il ne connait pas, lors de mon stage pratique dans le cadre du DU Relation Homme/ Animal, j’ai utilisé l’outil phraxéologique de l’analyse structurale : rapport à autrui, à l’espace, au temps, au matériel afin de créer une mise en situation.

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En croisant cet outil avec le principe : « tu m’impliques, j’apprends » (Benjamin Franklin) se construit une séance d’observation. Séance : certains enfants auront pour consigne de nourrir les animaux. Les autres observeront quant à eux le comportement des animaux nourris par des « soigneurs » non familiers.

QUE REGARDENT LES ENFANTS : L’ANIMAL EN PRESENCE cf Document

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Que regardent les enfants
Support pour les enfants

La situation se déroule dans les enclos, en présence des professeurs des écoles qui n’interviendront pas mais observeront les comportements des enfants et complèteront une grille type :

QUE REGARDE L’ANIMATEUR : LA RELATION ENFANT/ ANIMAL cf Document

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Que regarde l’animateur
outil d’observation de la relation

[État Sauvage : animal ou population appartenant à une espèce non-domestique vivant librement dans leur environnement naturel. Évitement ou approche spontanée de l’animal vis à vis de l’homme.

État apprivoisé : animal ou population dont la distance de fuite vis à vis de l’homme est diminuée par un processus d’habituation aux stimulations qui provoquent la répulsion.( différents degrés d’apprivoisement)

État Domestique : résultat du processus de domestication, modification du patrimoine génétique par l’action délibérée et de longue durée de l’homme.

SEAU : permet de débuter la relation avec un élément connu de l’animal, un stimulus appétitif. Il peut donc être utile à l’enfant et attirer l’animal, ou les gêner l’un comme l’autre et déclencher d’autres situations.]

Ces séances d’environ 2h peuvent se dérouler sur une ou deux journées. Trois classes se sont rendues disponibles : une maternelles CP, et deux classes de second et troisième cycle.

 DONNEES RECUEILLIES

A l’issue de cette expérience, il apparait que les enfants qui se sont prêtés aux séances sont sensibles à la nature qui les entoure, qu’ils savent l’exprimer quand ils en ont l’occasion. Leur rendu est qu’ils ont aimé le fait de pouvoir être en contact avec les animaux : les nourrir, les caresser, les observer. Le besoin de toucher et manipuler les anime. Leurs attitudes démontrent leur attirance, leur intérêt spontané, les précautions qu’ils peuvent prendre selon les explications, les recommandations. Concernant les chevreuils par exemple leur délicatesse inspire la même attitude chez tous les enfants quelque soit l’âge ou la classe, le même respect du silence et d’immobilité.

Par ailleurs, les séances réalisées avec les enfants ont révélé tout à la fois :
- leur conscience que la proximité est la résultante de la captivité du fait de l’impossibilité de fuir ou d’une imprégnation de l’animal à la présence de l’homme. La faune sauvage n’est plus sauvage dans un parc. Mais aussi leur besoin du voir, du toucher les animaux.

C’est pourquoi il est important de leur faire sentir la différence entre :
- les animaux domestiques : outil pédagogique inestimable pour les rapports qu’ils peuvent établir.
- la faune sauvage, souvent invisible, pour les conduire au respect de l’animal comme individu indissociable de son environnement.

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 CONCLUSIONS

La découverte d’un animal en pleine nature aiguise davantage l’intérêt. Plus l’enfant découvre l’animal réel, plus il s’inscrit en relation avec son environnement, développe une compréhension du monde vivant, de ses principes alimentaires. Mais en même temps, l’enfant doit apprendre à ne pas approcher, ni parfois même voir l’animal sauvage. Se contenter de traces et d’empreintes qui révèlent sa présence.

Et plus il grandit, plus les animaux présents sont imposés en tant que problèmes intellectuels. Finie la perspective relationnelle, le sentiment d’admiration.

D’où la nécessité de créer ces moments de rencontre de l’enfant et l’animal dans son environnement propre. Ces rencontres lui permettront d’apprendre à s’approcher sans interagir, observer sans déranger, acquérir des connaissances sur l’animal, besoins physio, biologiques, écologiques.

A partir de ces observations, les perspectives proposées sont :

Re Connaitre les animaux sauvages selon leurs caractéristiques dans un environnement que nous partageons. Être attentif, pratiquer une écoute sélective, aiguiser son regard autours de chez soi.

Aller sur les traces et empreintes de ceux que nous voyons peu. Technique de suivi en pénétrant dans le territoire de l’autre.

Étudier l’évolution d’un environnement, l’incroyable capacité d’adaptation à un milieu changeant, les disparitions, la réintroduction de certains animaux.

L’enjeu pour l’enfant est d’acquérir une connaissance de la nature, une compréhension et donc le respect de l’animal.

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 UN ESPACE TEMPS SE PROFILE

La mise en place des nouveaux rythmes scolaires est une opportunité de présenter cette approche dans le cadre d’un projet éducatif territorial pour les APC (activité pédagogique complémentaire) et TAP ( temps d’activités périscolaires).

Elle peut s’inscrire soit dans un projet d’école ou dans un projet de classe mené par le professeur des écoles soit permettre une ouverture complémentaire ponctuelle sur l’environnement. S’inscrire dans cette réforme permettrait d’élargir la porter de cette démarche, une possibilité de changer notre fonctionnement dans l’intérêt de ces générations futures.



Sylpetit,
date de publication : 28 février 2015,
date de dernière mise à jour : 28 février 2015


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