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L’Education traditionnelle africaine et la science







L’éducation étant ce processus qui consiste à développer les facultés morales, intellectuelles et physiques de l’individu, les sociétés africaines ont eu depuis des millénaires , comme les autres sociétés primitives d’ailleurs, ce souci majeur d’éduquer leurs progénitures afin de mieux préparer les futures générations à prendre la relève.

Ce type d’éducation est basé sur la tradition. Elle est une éducation traditionnelle qui a comme fondement le respect scrupuleux des us et coutumes. Elle prône l’adhésion totale de l’enfant aux croyances mythiques et traditionnelles transmises de génération en génération au moyen des rites et des initiations s’y référant.

 Tradition ou modernité

Il va sans dire que le jeune africain instruit et épris de cette soif de la conquête d’une certaine liberté rencontre souvent d’énormes difficultés en cherchant à briser les liens qui le retiennent dans ce carcan imposé traditionnellement. La garantie, le confort et cette liberté de croire ou de ne pas croire de faire ou de ne pas faire que lui offre alors le monde moderne , rationnel ou scientifique évoluant à perte de vitesse dans lequel il est tombé grâce à son cursus scolaire et universitaire, le flot des informations sur les innombrables découvertes scientifiques qu’il reçoit à longueur de journée via les médias comme la télévision, l’internet, les journaux, etc. ; tout ceci crée un véritable antagonisme par rapport à tout ce qu’il a reçu à travers l’éducation dite traditionnelle.

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Jeunes africains en train de surfer dans un cyber

Il est confronté perpétuellement à ce conflit intérieur dont l’issue pourrait lui être fatale. Par exemple, il peut choisir cette solution facile mais dangereuse de rejeter en bloc tout ce qu’il a acquis par l’entremise de l’éducation traditionnelle (phénomène d’acculturation) ou vice versa.

A titre d’exemple, nous parlerons du phénomène des étoiles filantes dont les causes sont attribuées aux Dieux ou à un mauvais sort lancé par un ennemi dans l’éducation traditionnelle. Tandis que dans la société moderne où toutes les vérités dogmatiques ou non sont soumises à une profonde analyse scientifique, rigoureuse basée sur l’observation, l’élaboration des hypothèses et la certification de ces hypothèses après analyse en laboratoire, on lui dira certainement le contraire ou plus grave ce à quoi il s’attendait le moins ! Ainsi pour la science, l’étoile filante n’est rien d’autres qu’un morceau de météorite qui aurait fait collision avec un autre dans l’espace ! Et sous le choc, ce morceau qui s’est détaché file vers la terre et devient incandescent dans sa chute en traversant l’atmosphère !

 Difficile choix pour le jeune africain

Les jeunes africains de cette nouvelle génération sont confrontés chaque jour à ce genre de dilemme. Ils vivent à la fois dans deux mondes diamétralement opposés ! Ils sont comme des personnes qui marchent un pied chacun sur une voie parallèle à l’autre. Le comble ? chacune de ces voies mène vers un ensemble de valeurs différentes les unes des autres !

Ainsi , Narcisse affirme : « J’aime beaucoup la science, parce que c’est du domaine de la certitude. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai travaillé avec acharnement au lycée pour être orienté en série D. Et je comptais devenir un grand biochimiste plus tard après mes études universitaires. Malheureusement, depuis quelque temps je suis un peu perplexe. Car j’ai vécu quelque chose de totalement incongru d’avec mes aspirations. C’est que la veille du jour où je devrais passer les épreuves de mon bac scientifique (rire), trop stressé, j’avais décidé de sortir un peu avec une bande de copains, histoire de me relâcher un peu quoi. Le lendemain matin, c’est-à-dire le jour j, j’étais encore plus stressé qu’avant ! (rire) Au fait je m’inquiétais à mort de ne pas avoir révisé nos matières fondamentales. Mon grand-père qui séjournait comme par hasard chez nous lors de ce moment fatidique (rire) s’est pris à l’idée de me barbiturer le visage avec une décoction dont lui seul a le secret ! Ceci, malgré mes moult protestations : « Arrête ton char, tu veux ? C’est contre la malchance, ne cessait-il de me répéter ».

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Un jeune lycéen en train de se faire laver la figure avec des décoctions avant un examen

C’était vraiment ridicule tout ça. Mais, bon gré, mal gré, j’ai passé les épreuves avec les traces de ces décoctions sur le visage et je dois avouer que j’ai aussi essuyé les sarcasmes de certains potes du lycée en plus ! Miracle ! Le jour de la proclamation, j’ai eu mon bac scientifique série D avec mention Bien ! Depuis, je me pose toujours cette question : ce bac, je l’ai eu grâce à mes efforts personnels ou grâce aux décoctions de grand-père ? L’interrogation subsiste toujours et ça me déconcentre à la fac ! ».

Triste réalité vécue par la plupart des jeunes de nos jours. Du coup, on assiste à une répercussion négative sur les études et les ambitions de départ.

 Tradition et Médecine moderne

Plusieurs exemples de ce type pourraient être cités. Un Médecin sous l’anonymat rapporte : « Dure d’exercer notre métier avec des patients imbus d’éducation traditionnelle ! Ainsi il n’est pas rare de voir des malades astreint à un régime où à un traitement médical qui s’impose de laisser tout tomber et de partir dans la brousse, sur le conseil des parents, pour voir un ’’Ganga’’ afin de se faire, soi-disant, désensorceler ! Conséquence ? Des décès avec un taux de mortalité qui va toujours croissant ! ». Et pourtant, ceux qui sont confrontés à ce genre de problème ne sont pas forcément que des paysans ou des analphabètes ! La plupart sont des gens qui sont réellement instruits mais qui continuent de porter en eux le poids de la tradition.

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Un laboratoire de médecine moderne dans un hôpital africain

Certes, il n’est pas toujours aisé d’accepter en fait d’être cet être hybride culturellement’’. Mais, l’effort à faire est de chercher constamment à allier l’éducation traditionnelle et l’éducation moderne tout en faisant la part des choses, c’est-à-dire exploiter les valeurs positives de chacune de ces deux formes d’éducation et laisser les côtés négatifs inhérents à l’une ou l’autre.



mabass,
date de publication : 13 mars 2013,
date de dernière mise à jour : 13 mars 2013


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